Nerliyou

Une année qui n’a pas tenu sa promesse

Une année qui n’a pas tenu sa promesse

En général, à chaque début d’année, on se persuade que celle-ci sera la bonne.
Celle où tout s’aligne. Celle où les sacrifices portent enfin leurs fruits.

Le 1er janvier 2025, je n’étais pas différente des autres.
Sur mon statut WhatsApp, un verre de vin à la main, un sourire assuré, j’ai écrit :« 2k25 sa se pam, enèji pozitif sèlman. »

À ce moment-là, j’y croyais vraiment.

Les premiers jours de l’année ressemblaient à une renaissance. Réveil tôt, gym chaque matin, thé chaud, livres ouverts, discipline presque militaire. Je m’appliquais sérieusement. Je voulais devenir cette femme full package, indépendante, équilibrée, admirée, respectée par les autres, mais surtout par moi-même.

J’avais beaucoup de cases à cocher.
Un corps de rêve.
Un business stable.
Une bonne gestion financière.
Finir mes études.
Me construire une vraie carrière professionnelle.
M’épanouir dans ma vie multipassionnée, sans me perdre.

Je voulais tout. Et je pensais que cette année pouvait tout m’offrir.

Les premiers mois ont renforcé cette certitude. Tout donnait l’impression que j’étais enfin là où je devais être. Je me sentais productive, ambitieuse, presque invincible. Même les difficultés semblaient temporaires, gérables. J’avançais avec cette foi silencieuse : ça va payer.

Mais une illusion reste une illusion, même quand elle est belle.

Sans prévenir, l’année a commencé à se fissurer. Lentement, puis brutalement.
Et en même temps que l’année, mon cœur s’est brisé.
L’amour qui use plus qu’il ne nourrit

Oui, il y avait cet homme.
Ce petit ami qu’on polit devant tout le monde. Celui qu’on présente avec fierté, alors qu’à huis clos, il blesse.

Une relation longue, mais vide. Sans romance. Sans surprise.Sans douceur.

Il savait manier les mots pour faire douter, pour culpabiliser, pour contrôler sans jamais lever la voix. Et moi, je restais. Par habitude. Par espoir. Par fatigue aussi. On appelle ça l’amour, mais au fond, c’était surtout de l’attente. L’attente qu’il change. L’attente que quelque chose revive.

À force de vouloir sauver une relation qui ne me sauvait pas, je me suis perdue.

Le reste n’a pas tardé à suivre. Le business devenait instable.
Les projets prenaient du retard.
La motivation se fragilisait.

Je me battais, mais je n’avançais plus.
Je faisais beaucoup, mais rien ne semblait suffisant.

La fatigue émotionnelle s’est installée. Une fatigue lourde, invisible, qui ne disparaît pas après une nuit de sommeil. Je continuais à fonctionner, mais je ne vivais plus vraiment. Je souriais mécaniquement. Je disais « ça va » par réflexe.

Et surtout, je me sentais en échec.
Pas seulement à cause de ce que je n’avais pas accompli, mais à cause de la promesse que je m’étais faite à moi-même.

Aujourd’hui, on est à la fin de l’année.
Et parfois, je me demande :Est-ce que 2025 n’a pas tenu sa promesse…Ou est-ce que moi, je n’ai pas tenu la mienne ?

À l’année.
À la femme que je voulais devenir.
À la Maria du 1er janvier.

Je m’appelle Maria, mais on m’appelle Ria.
Et si toi aussi tu avais dit que 2025 était ton année…
Si toi aussi tu avais commencé fort pour finir épuisée…
Si toi aussi tu te demandes où est passé ton enthousiasme…

Reste avec moi.

Parce que peut-être que certaines années ne sont pas faites pour réussir,
mais pour révéler ce qui ne fonctionne plus.
Pour briser ce qui nous retient.
Pour nous apprendre que survivre, parfois, est déjà une victoire.

Et même si cette année n’a pas tenu sa promesse,
moi, je suis encore là.
Fatiguée, oui.
Déçue, souvent.
Mais consciente.
Et peut-être prête, enfin, à me choisir.

Commentaires

4 réponses

  1. Ton texte est très bien structurée.Lyrisme époustouflant. Mots imagés.Réflexion philosophique sur notre rapport avec les désirs de notre subconscient..

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